SAUT D’EAU/VILLE BONHEUR APRES PLUS D’UN SIECLE ET ½ D’EXISTENCE POUSSENT UN CRI D’ALARME À TOUS LES FILS ET AMIS DE LA VIERGE
MIRACLE.
Gerper Barthelemy
Haïti, depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492, présente une verdure extraordinaire qui émerveillait le monde
touristique et le pousse à accepter son appellation honorable : “La perle des Antilles”. Tout le monde voulait visiter Haïti à
cause de sa verdure chatoyante, ses sites touristiques et son atmosphère bienfaisante. Aujourd’hui, des problèmes socio-économiques et politiques
rongent le pays et incitent les gens à le délaisser en vue de subvenir aux besoins élémentaires. Toutefois, Haïti reste et demeure une zone
touristique de l’Amérique et devrait attirer des millions de touristes par jour. Mais n’étant pas récupérés et protégés, ses sites ne participent
pas au développement du Pays.
Regardons en face la commune de Saut-d’Eau/Ville Bonheur du département du Centre : lieu de pèlerinage international et
d’attraction extraordinaire. Il faudrait user de ses sites touristiques pour poser les bases d’un développement viable et durable de la
communauté Saudelaise et du pays en général. Alors, qu’est-ce qui nous empêche d’exploiter ces avantages et de colmater du même coup toutes les
brèches faisant obstacle au développement touristique de la commune.
Saut-d’Eau, est incontestablement l’une des communes les plus connues de la République d’Haïti de par sa réputation pour
ses fêtes patronales réunissant toutes les couches sociales, religieuses, politiques et économiques du pays et du monde international. Ses sites
touristiques, ses fêtes patronales, ses cérémonies vaudouesques dont les principaux centres sont : le Saut(cascade), les Palmes, Saint-Jean,
Doco, Calvaires et les Grottes contournant la ville. Pourtant, la mauvaise gestion, le manque de considération aux yeux des dirigeants passés, le
manque de motivation de la communauté sur l’importance touristique et culturelle de ces sites pour le pays en général et pour la commune
de Saut-d’Eau en particulier, paralyse le développement de cette dite commune. Malheureusement, les gens voudraient bien monter à
Saut-d’Eau en plus grand nombre mais il n’y a pas d’infrastructure routière et structure d’accueil. Malgré tout, durant la fête, Saut-d’Eau est
toujours bondée d’une pluie de personnes. Mais comment a-t-elle pu devenir ce qu’elle est aujourd’hui?
Ce fut en 1848, au mois de juillet, dans une toute petite forêt de fleurs sauvages, de mapous et de palmiers, située au
Sud-Ouest de la Commune de Mirebalais que la vierge Marie connue sous le vocable de Notre Dame du Mont- Carmel allait faire son apparition. C’est
un pauvre paysan qui cherchait à récupérer son âne égaré depuis plusieurs jours qui allait faire l’expérience de cette apparition. Rempli de
stupéfaction, il a été en parler aux soldats qui, à leur tour, pensaient qu’il s’agissait d’un ange Rebel, tirait sur l’ombre (la Vierge) qui se
posait sur un palmier. C’est ainsi que la Vierge se déplace pour se reposer quelque part au même endroit. Quelques jours écoulés, le Curé de
Mirebalais allait être au courant de ce qui s’était passé. Après beaucoup de réflexions, de prières et de méditations, il érigeait une petite
chapelle dans la zone sous le patronage de NOTRE DAME DU MONT CARMEL devenant par la suite VIERGE-MIRACLE grâce aux dons accordés et à
l’exaucement des demandes des pèlerins venus de tous les coins du département du Centre et de l’Ouest à dos d’ânes. Disons que tout cela se
passait sur les habitations de Tibreuil et de Rhinville. Mais, il fallait attendre 1905 pour qu’ait vu le jour une nouvelle commune de
l’arrondissement de Mirebalais du nom de Ville -Bonheur ou commune de Saut-d’Eau.
En effet, malgré sa grande réputation en matière touristique et culturelle, la commune de Saut-d’Eau n’a jamais eu grande
chance d’être considérée à sa juste valeur aux yeux des dirigeants nationaux et même locaux. Elle, qui attire tant de gens et qui en aurait pu
attirer encore beaucoup plus de touristes dans le pays si elle avait été moins négligée. Notons qu’elle est l’une des rares communes tenant les
premières places en matière de touriste et de manifestations religieuses pluridimensionnelles. Elle se localise sur une superficie de 178 km².
Elle est bornée au nord par le fleuve Artibonite, au sud par la Croix des Bouquets et Thomazeau, à l’Est par les communes de Cabaret et de
l’Arcahaie et a l’Ouest par la chapelle (Département de l’Artibonite). Elle est formée de quatre sections communales :
Rivière Canot,
La Selle,
Coupe Mardi-Gras
Montagne Terrible.
Pour y arriver, Saut-d’Eau n’a qu’une entrée véhiculaire. C’est le tronçon de 6 ou 7 Kms (Carrefour-Dubuisson-Saut-d’Eau).
Signalons qu’au cas où l’on ne voudrait pas utiliser un véhicule, il est possible d’emprunter 12 km à pieds par Carrefour-Nivard ou 26.5 km par
Titanyen. Il faut dire que le tronçon en terre battue dont nous parlons précédemment est l’œuvre du Président Paul Eugène Magloire. Pourtant la
hiérarchie de l’Eglise Catholique avait décidée de transformer la chapelle Notre-Dame du Mont Carmel en paroisse depuis 1903.Et depuis lors,
jusqu’à aujourd’hui la paroisse bénéficie par année plusieurs fêtes religieuses.
16 Juillet Notre-Dame du Mont Carmel
1er dimanche du mois d’Août Ti Juillet (Vierge Miracle)
24 Septembre Notre Dame de la Mercie
La semaine Sainte et les fêtes de Pâques.
Cette dite paroisse reçoit par année plus de 280.000 pèlerins venus de partout implorer le secours de la Vierge. Il nous
faut signaler aussi que les gens y sont venus pour toutes sortes de chose. Il n’y a pas que des chrétiens qui y sont présents. Des vodouisants,
des marchands des vacanciers sont autant de personnes qui peuvent être rencontrés à Saut-d’Eau à l’occasion de la fête patronale.
Toutefois, nous avons l’avantage de préciser pour l’instruction de la jeunesse et l’information de la nation et de nos amis
à l’étranger que la Ville Bonheur qui apporte continuellement la joie dans les cœurs et les esprits est comprise dans toute la partie basse de la
cité du Mont Carmel. D’où provient par abréviation la dénomination”Ville Bonheur”. Et Saut-d’Eau c’est toute la région de la cascade majestueuse,
au Haut Plateau ainsi appelé où l’Eau, dans un mouvement mystérieux ou une séquence extraordinaire et trépidante fait un saut en profondeur
éblouissant à l’esprit et à l’imagination. Pour nos pèlerins nationaux et étrangers, il y a une tendance naturelle à confondre entre ses deux
dénominations.
Il est certain que depuis que Saut-d’Eau ou Ville Bonheur ce petit coin de terre mystérieux et mystique a été élevé au rang
de commune dans l’arrondissement de Mirebalais, voilà plus d’un siècle écoulé soit 103 ans, il n’a jamais bénéficié d’aucune action significative
de la part des Gouvernements passés. Malgré tout, chaque année, à l’époque du 16 juillet, des milliers de pèlerins, nationaux et étrangers y vont
non seulement pour implorer la miséricorde de la Vierge des Miracles, mais aussi pour contempler les beautés pittoresques de Ville Bonheur, jouir
de la douceur agréable de son climat, respirer son air magique purificateur et se tremper dans ses eaux limpides et fraîches, particulièrement à
la cascade merveilleuse et majestueuse. Nos anciens dirigeants, cependant restaient toujours indifférents au sort malheureux de ce coin de terre
béni d’Haïti, prouvant ostensiblement leur incapacité manifeste à exploiter les richesses naturelles de Saut-d’Eau dans l’intérêt de la
nation. Il paraissait très obscur que ces dirigeants ne pouvaient ou ne voulaient comprendre que la rénovation progressive et rationnelle de la
commune ferait d’elle un véritable paradis d’Haïti où des touristes nationaux et étrangers prendraient un immense plaisir à investir de
substantielles valeurs par leurs fréquentes visites durant toutes les saisons de l’année.
Nous voudrions suggérer aux parlementaires d’exercer leurs pouvoirs législatifs pour déclarer officiellement Ville Bonheur
par une loi “Centre de pèlerinage et Touristique National” et le Gouvernement dans son immense pouvoir exécutif de prendre toutes les
dispositions qui s’imposent pour la ratification et la réalisation immédiate de ce merveilleux projet de rénovation et a la conférence épiscopale
de faire de la paroisse de Saut-d’Eau un centre mariale a la manière de « Notre Dame de la Pologne, Vierge Noire aux USA pensilvania ».
Nous sommes très confiants en la bonne volonté du Gouvernement actuel de travailler au développement touristique du Pays et de Saut-d’Eau en
particulier.
Voici les griefs de cette perle de notre chère République devant devenir concrètement un centre de progrès et d’attraction
durant toute l’année pour être un joyau dans un plan d’ensemble de développement national:
Création de centres de loisirs, de logements et d’attractions
Nettoyage quotidien de la ville
Modernisation du système hydraulique
Mise en place des coopératives agricoles, commerciales et industrielles
Organisation et développement d’un système adéquat de communication devant relier la commune de Saut-d’Eau avec le reste du pays.
Projet de développement touristique e d’urbanisation de la Cascade et de la Ville.
Projet de rénovation des stations balnéaires et de modernisation de la Cascade
Asphaltage du tronçon de route Carrefour Dubuisson Saut-d’Eau devant être réparé dans l’immédiat. Cette injustice criante faite à la
conscience nationale, à la vaillante population et aux millions de pèlerins nationaux et étrangers quand cette partie importante de vie
nationale a été complètement écartée du grand projet d’asphaltage de la route Pont Sondé – Mirebalais.
Construction du Lycée
Construction d’une Place Publique
Construction d’un Hopital
Agrandissement de l’Ecole Nationale actuelle
Dotation d’un système indépendant d’energie électrique
Réhabilitation des routes Carrefour Nivard Saut d’Eau, Titanyen Saut d’Eau
Restauration des Eglises Catholiques (Concordat 2)
Construction d’un pont sur la source alimentant la cascade
Asphaltage des principales rues de la Ville.
Asphaltage du tronçon de route Ville Bonheur conduisant à la Cascade et toute autre projets nécessaires pour le développement d’une ville
touristique.
A regarder Saut-d’Eau au travers de ses sites le tourisme représente un atout fiable au développement. Car toute personne
venue à Saut d’Eau pour une première fois ne peut pour aucune raison ne pas y revenir chaque année et au moment opportun.
Dans peu d’année, le tourisme favorisera la mobilité d’un milliard de personnes qui seront accueillies par plus de 350
millions de travailleurs directement concernés. Le développement dans une société multiculturelle et aux régions multiples est observé d’une
manière permanente par des experts internationaux et nationaux; l’évolution quantitative et qualitative du tourisme affectera les structures
touristiques, les entreprises, les Etats, aussi bien que tous les Femmes et les Hommes! N’en sommes nous pas concernés? Témoins de plusieurs
sites touristiques, nous avons beau réfléchir sur les impacts culturels, sociaux et humains devant retenir l’attention de tous les acteurs
économiques et politiques pour que ces évolutions respectent pleinement les cultures, la nature et la dignité de l’être humain. On peut
comprendre qu’avec la montée du temps libre non travaillé, d’une part, l’abaissement constant du prix du transport qui sera de toutes façons la
conséquence de la mise en place des infrastructures routières, d’autre part le désir de l’homme de découvrir et de se rencontrer aux quatre coins
du monde, donne lieu de nous engager de plein pied dans la sphère du tourisme. L’Eglise catholique pour sa part, doit en tenir compte et poser
les bases nécessaires pouvant faire de Saut-d’Eau un vrai centre de pèlerinage comme “Higuey à St Domingue, Medjugore a Lourdes Notre de la
Pologne aux U.S.A etc.”. Car le Pape Jean Paul II, malgré sa vieillesse joue encore au cœur de jeune et affirme il y a 20 ans déjà “s’ils sont
mis à profit comme il convient, les loisirs se transforment pour la personne en capacité d’auto éducation et de culture…” Pour cette raison le
tourisme en soi est une valeur et non pas un acte banal de consommation” Ainsi le pèlerinage doit être considéré autant dans sa dimension
économique et sociale que dans l’expression religieuse ou culturelle. Dans un même temps, Haïti comme pays pauvre va pouvoir trouver de manière
synchronique les ressources en devises dont il a un urgent besoin pour réduire sa dette, payer ses importations et favoriser la création
d’emplois au développement communautaire. Bien géré, le tourisme peut favoriser l’environnement et maintenir l’agriculture. En Haïti, tout comme
tous les autres pays du tiers-monde, le tourisme est un problème de justice et de droits humains, pensons-nous! L’impact et les conséquences du
tourisme constitueront un formidable défi au développement. Car il n’y a pas de justification par le pessimisme, le désespoir ou
l’inertie!
En effet, dans la ligne où nous nous engageons, l’Eglise ne peut pas être mise de côté. Elle est très concernée. Et nous
savons pour qu’elle développe ses activités pastorales adaptées et plus créatives dans le domaine du tourisme (à Mont-carmel) il faut une
approche fondamentalement nouvelle, une compréhension de la complexité du tourisme de masse moderne, dans le contexte de la globalisation. Il y a
une injustice criante: les pays riches deviennent plus riches pourtant les pays pauvres deviennent plus pauvres. Rappelons-nous qu’en 1995 les
plus pauvres ne partageaient que 1.4% du revenu mondial global alors que le lot des riches avait atteint le niveau 85%. Nous devons partir avec
l’idée d’apporter des conditions de vie plus humaines et agir avec justice et faire de nouvelles options pour des valeurs nouvelles de communauté
et de solidarité. En d’autres termes, il nous faut être capable de promouvoir un tourisme durable et humain. Et de nouvelles possibilités ne
seront possibles qu’avec un esprit patriotique selon l’approche Christophienne pour notre temps et nos situations.
Sommes toute, le tourisme est une industrie de lever de soleil dans le monde entier. Tous ceux qui se voient sur les écrans
des télévisions, les gens veulent en faire l’expérience tout de suite dans la réalité. Ils ne sont pas dérangés de travailler de longues heures
pour avoir l’opportunité d’entrer dans un autre monde culturel. Ainsi, le tourisme peut être une occasion d’entrer dans le monde des autres mais
ne doit pas être celui de piétiner les jolies fleurs de leur jardin. D’où la promotion d’un tourisme plus juste commence par l’engagement aux
côtés de ceux qui vivent dans le monde du tourisme local, national ou international, spécialement les travailleurs, soit sous la forme d’offre de
services directs, soit par l’éducation au droit et à la responsabilité. D’où nous devons travailler à la protection des droits des visiteurs
autant que des visités. Voilà pourquoi, nous pensons que le merveilleux projet de rénovation de Saut-d’Eau/Ville Bonheur pourra aisément se
concrétiser s’il y a une synergie entre les autorités constituées d’Haïti, les milliers de pèlerins nationaux et étrangers, la vaillante
population et les patriotes haïtiens en général. Il est temps de comprendre qu’il n’est plus acceptable en aucune manière que les ressources
économiques de la fête patronale du 16 juillet ne soient pas bien réparties alors que la communauté Saudelaise piétine sur place dans une
stagnation ignominieuse, dégradante et contristante.
Enfin, à tous ceux et toutes celles qui veulent passer quelques jours agréables durant les vacances d’Eté, nous vous
invitons à faire un petit tour à Saut-d’Eau durant toute l’année. Soyez confiant! Vous ne serez pas déçus. Venez et vous verrez!
Gesper, BARTHELEMY originaire de Saut-d’Eau
|